Rouen – Dieppe par le Chasse-Marée

Rouen – Dieppe par le Chasse-Marée

Dimanche 29/09/13,  9h.

Nous sommes 10 au rendez-vous devant la gare de Rouen pour cette journée sur le chasse-marée.

Ce chemin suit au plus près les anciennes voies suivies par des attelages de 4 à 6 chevaux qui acheminaient quotidiennement le poisson frais entre Dieppe et Rouen mais aussi entre Dieppe et Paris.L’attelage du Chasse- Marée, quittait Dieppe quotidiennement vers 17 heures, à destination de Rouen, à la vitesse moyenne de 14,4 km/h, de manière à livrer le poisson au petit matin sur Rouen. Des relais permettaient de changer les chevaux tous les 30 kms. A partir de l’été 1948, la ligne de Chemin de fer Dieppe-Rouen est créée, entrainant rapidement le déclin des grands attelages de Chasse – Marée.

La météo qui annonçait, une semaine avant, du grand beau temps avait changé ses prévisions pour une journée pluvieuse et orageuse au fur et à mesure que la date  approchait. Finalement, nous n’avons eu que 2 gouttes de pluie, un temps gris, une absence totale de vent et une température parfaite, presque trop chaude dans nos nombreuses grimpettes. Le sol était bien souvent humide mais à peine boueux.

4 fringants jeunes étudiants font leur première sortie avec le club : Paco et sa copine Camille, Arnaud et Benoit. Nous avons aussi Franck et son fils Simon, Guillaume, José, Eric, qui va prouver à tous qu’un dimanchard est cap de faire une rando de 90km et moi-même. Pas grand monde ne sait s’il sera capable de faire la rando en entier. Manque d’entrainement pour certains, nuit très courte pour Guillaume ou rando aussi longue jamais réalisée pour d’autres. Mais, comme on va longer plus ou moins la voie ferrée, il y a toujours la possibilité de rentrer en train plus tôt. C’est ce qu’ont déjà prévu Benoit et Arnaud en prenant un train à Auffay. Simon, lui fera demi-tour par la route une fois arrivé à Clères.

La sortie de Rouen se fait par la route en montée en direction de Mont St Aignan. Petit arrêt pour voir l’église en ruine du Mont aux Malades mais les derniers du groupe ne nous ont pas vu nous arrêter. Il me faut donc piquer un sprint pour les rejoindre. On aborde notre premier chemin du côté des Compagnons du Devoir de Mont St Aignan. La trace voulait nous faire passer par un tunnel mais il est fermé par une grille. Première descente et première crevaison pour Guillaume. Ensuite c’est la dure montée à la sortie de Notre Dame de Bondeville. Les petits jeunes la montent les doigts dans le nez, tout en bavardant. Derrière, on en bave un peu plus mais elle n’est pas trop humide et donc encore faisable. Descente ensuite sur Malaunay. Nouvelle grimpette bien costaud et première pause pour enlever une couche de vêtement pour certains et manger une barre. On rejoint ensuite cette piste boueuse qui remonte le vallon du Bois de St Maurice. Heureusement, il y a toujours ce petit single-track ludique à gauche de la piste qui nous fait éviter la boue. Par une nouvelle montée on rejoint Le Bois le Vicomte. Petite route puis chouette descente pour rejoindre Le Grand Tendos. Eh non, ce n’est pas encore Clères qui se trouve dans la vallée suivante ! Longue pause ensuite à St Victor l’abbaye pour refaire le plein d’eau et réparer une crevaison de Benoit. On commence à regarder notre montre car le train à Auffay est à 13h37, donc dans 40mn et il reste 6km à faire. Passage devant un chouette moulin à eau à l’Arbalète. A St Denis Sur Scie, Benoit, Arnaud mais aussi Paco et Camille filent par la route pour rejoindre la gare. Nous suivons le GR qui monte et passe par un beau chemin pour rejoindre Auffay. Détour par la gare pour rejoindre nos 4 jeunes. Ils auraient un peu trop stressé s’ils nous avaient suivis par les chemins sur ces derniers kilomètres puisque nous n’arrivons que 5 mm avant l’arrivée du train.  Eric se tâte de rentrer aussi en train. Vu la faible fréquence des trains en ce dimanche, ceux qui continuent sont quasiment obliger de rejoindre Dieppe.  Finalement, il décide de continuer avec nous.

Guillaume nous quittera après notre pique-nique dans le village pour rejoindre ses parents à Val de Saane. Pause bienvenue car les jambes commencent à devenir douloureuses.  Pendant que certains se font un petit plaisir avec des pâtisseries achetées dans une boulangerie suivies d’un petit café, je m’intéresse à l’histoire des jaquemarts d’Auffay. Histoire trouvée sur internet : « On ignore l’origine exacte de deux automates, les Jacquemarts, en costume du XVIIéme siècle. Ils se nomment Houzou Bénard et Paquet Sivière. Ils sont en bois de chêne, mesurent un mètre de haut, chacune des cloches pèse quinze kilogrammes. Ils sont « exposés aux rigueurs du temps » depuis 1873. Ils ont été déposés en 1994 pour être rénovés. Les Jacquemarts auraient été des condamnés à vie à sonner les cloches. Une origine plausible émerge de la controverse : Un jour de procession de Saint-Sacrement deux Huguenots, un Dieppois et un Altifagien (habitant d’Auffay), auraient outragé la foi catholique. Ils auraient été condamnés à payer l’horloge de la collégiale et à sonner les heures et les offices. A leur mort, les automates qui sortent de leur niche et sonnent les heures, les demies et les quarts les auraient remplacés »

La succession de grimpettes continue juste après Auffay. La deuxième est impossible à monter à vélo car trop pentue et avec en plus une barrière en bas.  Il faut aussi passer pas mal de barrières. José se rend compte qu’il y a beaucoup de résistance lors de son pédalage. Franck, en fin observateur, note que ses galets de dérailleur sont emmêlés par du fil, ce qui les empêche presque de tourner. Un démontage des galets sera salutaire pour José qui fatiguait bien à cause de cela.  Le chemin n’est pas toujours très bien indiqué. Il y a quelques beaux panneaux indiquant le chasse-marée, pas mal de symboles pour le GR mais parfois, plus rien ou alors pas très visible. Ainsi, dans le bois du Héron, je me trompe et l’on monte complètement sur le plateau. Plutôt que de redescendre et ensuite remonter du côté de Longueville sur Scie, j’improvise une variante qui sera juste galère sur 200m en longeant un champ de maïs.

Pause étirements après la côte d’Ecorcheboeuf. Nous avons déjà 72km au compteur et nous sommes tous à la limite d’attraper des crampes. Redescente sur Sauqueville. Bizarrement, le chasse-marée part ensuite du côté Ouest de la Scie. Nous ne comprenons pas pourquoi le tracé n’est pas toujours au plus court et au moins pentu. Autre petit changement de programme en suivant la voie verte à partir d’Offranville. Un peu de  descente sur du billard n’est pas désagréable. Nous rejoignons ensuite le GR pour une dernière remontée. Nous arrivons ainsi au cimetière militaire Canadiens par une montée impraticable car trop pentue et trop érodée par de fortes pluies.  . Information trouvée sur le net à propose de ce cimetière: “ Le raid de Dieppe, qui a eu lieu les 18 et 19 août 1942, a été le premier assaut de grande envergure à se produire sur un lieu aussi fortement défendu du continent depuis le retrait des Alliés en 1940. Le raid avait comme objectifs la destruction des lignes de défense de Dieppe ainsi que des installations radar et de l’aérodrome avoisinants; l’attaque d’un quartier général de division allemand à proximité; et la capture de prisonniers. La force militaire présente, formée principalement de soldats canadiens, a entrepris l’assaut principal sur Dieppe par des attaques de flanc lancées par des unités de commandos et d’autres bataillons canadiens situés à l’est et à l’ouest de la ville en vue de neutraliser les batteries qui commandaient l’approche directe. Plus de 250 navires militaires et 69 escadrons aériens ont apporté leur soutien. Seuls les soldats qui se trouvaient sur les flancs extrêmes sont parvenus à une distance raisonnable de leurs ambitieux objectifs et les victimes ont été nombreuses; plus de 3 600 soldats tués, blessés, portés disparus ou capturés parmi les 6 100 qui composaient la force militaire. On a par ailleurs dénombré 550 victimes dans la Marine. Bon nombre de soldats morts durant le raid sont inhumés dans le cimetière militaire canadien de Dieppe”

La batterie de mon Iphone est déchargée mais il me reste heureusement le Garmin pour nous guider. La trace suivie, trouvée sur Internet, n’était pas vraiment précise et j’étais souvent à l’estime pour le chemin à suivre. Nous arrivons sur les hauteurs de Dieppe sur une piste détrempée et plongeons vers la mer. Dans le trafic, Eric et Franck perdent notre trace. C’est donc seul avec José que nous arrivons au bord de la mer. « Nous partîmes 10, mais par moult désistements, nous nous vîmes 2 en arrivant au port » aurait pu citer le Cid. Nous les retrouvons à la gare, une bonne demi-heure avant le train de 18h57. 45mn plus tard et 11.5€ en moins dans nos poches, nous arrivons à Rouen où la nuit déjà se couche.

Benoit

Comments

  1. Guillaume

    Merci pour ce récapitulatif benoit, tu racontes très bien l’histoire de notre dimanche.
    La prochaine j’essaierais de dormir plus de 3h et de finir le parcours.
    Au final j’aurais fait 60km, et les crampes sont réapparu 300m après être remonté sur le vélo, malgré la pause pique-nique.
    J’ai hâte de refaire ce genre de sortie.

  2. olivier Trapes

    Bravo à tous les aventuriers !
    Eric a été CAP … JEu de mollets ?
    On voudrait bien voir des photos des warriors !

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